Mars et Vénus – Quand la lassitude s’installe…

Mars et Vénus – Quand la lassitude s’installe - je-suis-celibataire

Dans toute histoire d’Amour il arrive que l’Autre nous lasse, non parce que nous ne l’aimons plus, mais davantage parce que la routine s’installe dans notre vie commune et s’insinue entre nous, en nous enfermant dans nos silences et nos frustrations. La grisaille de nos sensations nous entraine, alors, à nous souvenir de notre célibat comme un havre de liberté, qui nous attire comme un aimant. La vie est indissociable de l’Amour et ce sentiment la rend tout de suite plus supportable à l’Homme. Il permet la présence d’un espoir toujours possible au sein d’une rupture et d’une séparation. La présence de l’Amour laisse toujours entrevoir la réconciliation derrière les nuages de la dispute, la renaissance et l’épanouissement de la relation lorsque celle-ci s’essouffle et fait rêver du plus beau cadeau de la Vie, le fruit de cette union, un enfant à venir. Ainsi Mars continue t’il de se chercher dans le regard de sa Vénus, et Vénus à se perdre dans les yeux de Mars. Mais quand vient le temps de passer au dessus des premiers obstacles, les Vénus attendent toujours des Mars qu’ils comprennent à demi mot leur malaise et leur sentiments. Elles voudraient qu’ils lisent en elles les alertes de leur mal être et sachent y répondre avec tact… Et Vénus alors lance ce message à Mars:

« C’est drôl’ c’que t’es drôle à r’garder
T’es là, t’attends, tu fais la tête
Et moi j’ai envie d’rigoler
C’est l’alcool qui monte en ma tête
Tout l’alcool que j’ai pris ce soir
Afin d’y puiser le courage
De t’avouer que j’en ai marr’ de toi»

(Tu t’laisses aller, Charles Aznavour)

En ce beau dimanche matin de septembre, Vénus s’est réveillée d’humeur aussi grisâtre que le ciel. (ndlr : la complexité des Vénus : un beau dimanche n’est pas grisâtre sinon il est pas beau… bô le lavabo…)  Elle s’est levée en veillant à faire suffisamment de bruit pour réveiller Mars. Puis elle s’est dirigée vers la salle-salon où trainaient sur la table les restes du diner de la veille et un fond de bouteille de rouge.
Ce matin là, Vénus agissait comme un automate. Elle était décidée à crever l’abcès. Sans vraiment y penser,  elle mit le CD de Charles Aznavour et lança le titre « Tu t’laisses aller ». Elle augmenta le volume en tendant l’oreille aux signes de réveil de Mars.  Ne le voyant pas venir, elle monta encore le son d’un cran… L’attente la faisait fulminer davantage.
Mars finit par arriver dans un état comateux. Elle le regardait et s’étonna du spectacle. Un homme aux cheveux hirsutes (NDL : bon d’accord il se réveille…), pas rasé depuis 5 jours, le peignoir entrouvert laissait apparaitre un ventre bedonnant, le caleçon vieux de mathusalem avait une déchirure sur le côté (NDL : non non elle n’était pas due à des ébats passionnés mais bien à une prise de poids).
Il était loin le temps où il se levait avant elle en chantonnant, allait à la boulangerie pour lui ramener son pain favori encore bien chaud. Parfois, il faisait un saut rapide sur le marché et revenait avec un bouquet de fleurs. (NDL : Et là nombre de Vénus reconnaitront leur Mars… car les Mars sont souvent très prévenants au début de la relation).
–    « Qu’est ce qui t’arrive bébé ? T’arrives pas à dormir ? »
–    « Je ne suis pas ton bébé mais ta femme ! »
–    (Et zut pensait mars, je dormais si bien… il faut qu’elle pète un plomb un dimanche matin.. » (NDLR : les Mars ont cette faculté légendaire à toujours trouver une cause extérieure)…
–    « Je t’invite à écouter cette chanson ; tout y est dit ! ».
Et là sans crier gare et refoulant une crise de larmes, Vénus alla se réfugier dans la salle de bain. Mars était pantois. Il était maintenant complètement réveillé. Il s’installa sur le canapé et se laissa envahir par les paroles de la chanson. « Tu t’laisses aller »… En même temps, l’émotion le gagna. Il n’aimait pas voir sa Vénus dans cet état et se demandait ce qui avait pu provoquer cette crise.
«Ce que t’as changé en 5 ans…. Je me demande chaque jour comment as-tu fait pour me plaire. Comment ai-je pu te faire la cour et t’aliéner ma vie entière… »… La chaîne continuait de lui asséner les paroles de la chanson.
Quelques minutes de flash back plongèrent Mars dans les débuts de sa relation avec Vénus. Il se souvient de sa balade à la Bouille où il est tombé fou amoureux de Vénus. Et ce premier restaurant (Les bouts de Méditerranée) où il était tremblotant tel un adolescent à son premier rendez-vous. C’était la première femme qu’il emmenait dans ce restaurant qui servait les spécialités qu’il affectionnait tant. Il se souvenait encore de leur menu (une salade de poivrons et tomates grillés pour lui et une grillade pour elle).

Lassitude quand tu nous tiens…

5 années étaient passées. Sans embûches majeures selon Mars (NDLR : les Mars ne voient rien jusqu’à être au pied du mur…). Il aimait toujours et même plus sa Vénus. C’est vrai que leur vie avait changé. Ils sortaient moins en amoureux… bien qu’en y repensant il reconnaissait que Vénus le lui avait parfois reproché avec délicatesse mais il l’avait pris pour un détail. Peut être était il passé à côté de quelque chose… (NDLR : ah la la les mars prennent souvent pour des détails ce qui devient une entrave à la relation…).
Le bruit de la chasse d’eau le tira de sa rêverie. Vénus était au pas de la porte du salon. Mars la regardait. Bien que les yeux cernés et les cheveux en bataille, il la trouvait tellement belle. Toujours son charme qui l’avait fait fondre au premier regard. Elle avait certes un peu plus de rondeurs qu’il y a 5 ans mais il n’en avait pas fait cas. Il l’aimait pour ce qu’elle était et non pour ce qu’elle paraissait. « Quand lui ai-je dit tout ça pour la dernière fois «? » pensa Mars… Il commençait à comprendre….
Ils se regardaient maintenant droit dans les yeux. Leur complicité était intacte. Mars alla prendre Vénus par la main et l’invita à s’asseoir près de lui. Il essuya les traces de larmes sur le visage de Vénus et lui dit « Je t’écoute ma chérie ». Vénus comprenant que Mars était « enfin » prêt  à entendre lui dit sa déception de voir ce qu’ils devenaient ; la distance qui s’installait insidieusement ; le manque d’affection et de prévenance de Mars au fur et à mesure que les mois s’égrenaient ; le laisser aller de Mars qui ne cherchait plus à séduire Vénus. Elle conclut en lui disant que comme toujours dès que les Mars prenaient les choses pour acquises avec les Vénus ils ne faisaient plus attention à elles. Elle avait l’impression d’être un meuble.
Mars l’écouta sans broncher, des larmes aux coins des yeux (NDLR : qui a dit que les hommes ne pleuraient plus ?…). Il prit la parole ensuite avec quelques trémolos dans la voix. Il lui redit ce qu’il aimait en elle, la joie qu’elle lui apporte dans sa vie et le bonheur d’être à ses côtés. Il reconnaissait qu’il avait sans doute été moins prévenant et qu’il avait laissé la routine s’installer et s’en excusa.
Les explications verbalisées de part et d’autre, Vénus et Mars se firent la promesse de veiller l’un et l’autre dorénavant à ce que la routine ne devienne pas source d’ennui et de lassitude ; d’être prévenants et attentionnés comme au premier jour. Ils décidèrent de se parler davantage pour éviter les non dits et les mauvaises interprétations. Parce que le bonheur à deux ne peut se passer de communication et de concessions…..

Comments (2)

 

  1. Armelle dit :

    Un des piliers d’une relation : le dialogue… ce n’est pas Mars qui dira le contraire…

  2. Célibataire dit :

    Bonjour le célibataire,

    En effet nous essayons tous de casser la fameuse routine dans un couple…. En tous cas Mars et Vénus – Quand la lassitude s’installe… Peut être pas la lassitude mais la haine ?